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Ferme expérimentale des Trinottières


Situation


La ferme expérimentale des Trinottières est située à MONTREUIL sur LOIR à une vingtaine de km au nord d’Angers.
Indication GPS : lieu-dit  la Futaie, commune  MONTREUIL sur LOIR.

Le Maine-et-Loire est un département à forte identité agricole avec 8 250 exploitations de 55 ha de superficie en moyenne, on dénombre environ 10 800 exploitants agricoles. Les productions sont très diversifiées : viticulture, arboriculture, maraîchage, semences, porcs, volailles, production bovine lait et viande et production céréalières dans certains secteurs.

La ferme des Trinottières se situe au Nord-Est du département dans le  Baugeois, une région d’élevage et de grandes cultures. La nature des terres est très hétérogène, passant de terres très légères comme celle de la ferme des Trinottières (3 - 4 % d’argile) à des terres très « fortes » (50 - 60 % d’argile) dans le Nord-Est du département.


Historique


Lorsque la Chambre d'Agriculture de Maine-et-Loire décide de créer la ferme expérimentale des Trinottières en 1974, les terres étaient en friche et les bâtiments en ruine. Plusieurs millions de francs ont alors été investis pour la remise en état.
Les premières années, les expérimentations débutèrent sur un troupeau de vaches laitières.
Dès le début de l’ouverture du centre de formation de « Maîtrise en élevage vacher-porcher » en 1982, un second troupeau de vaches laitières, support de la formation, fut constitué. Cette formation permettait d’obtenir la capacité professionnelle nécessaire à l’obtention des aides à l’installation.
Les deux troupeaux étaient alors conduits de façon séparée, un pour l’expérimentation et un pour la formation.
A cette même période, un atelier porcin est mis en place avec 42 truies et l’engraissement.


L’année 1989 marque un tournant important avec la mise en place d’un équipement spécifique : l’installation de portillons individuels sur l’atelier laitier. Peu de sites expérimentaux sont dotés d’un tel équipement qui permet de mesurer quotidiennement les ingestions des animaux. La station se spécialise ainsi dans les travaux de recherche sur l’alimentation des vaches laitières.
C’est à cette période que sont développés les essais sur les rations complètes. 
Cette technique mise au point aux Trinottières est aujourd’hui très largement pratiquée dans les élevages français.



En 1994, l’élevage porcin connaît un développement avec la création d’un atelier plein-air et l’augmentation des effectifs.
Le site des Trinottières devient la ferme de référence régionale porcine.



En 1997, la construction d’un bâtiment d’engraissement sur paille permet de loger les porcs nés en plein air. Le bâtiment compte 525 places. L’objectif est de mieux appréhender la conduite des porcs sur paille : gestion des litières de l’alimentation, de l’ambiance.



En 1999, la réorganisation des formations proposées conduit à regrouper les deux troupeaux (formation et expérimentation). Les équipements étaient devenus obsolètes pour mener à bien les essais. Les responsables professionnels de la Chambre d’Agriculture ont souhaité engager un renouvellement des installations pour moderniser et renforcer le dispositif expérimental sur vaches laitières. Une stabulation à logettes avec salle de traite est construite à neuf. Le bâtiment en écaille a une largeur de 50 m et un bardage bois claire-voie assure une excellente ventilation. Le terrain a été encaissé sur un mètre pour soustraire le bâtiment au risque d’inondation.


L’installation de 130 places de logettes est équipée de 4 racleurs. L’équipement de traite de 2 fois 8 postes est positionné en épi avec un dispositif de sortie rapide. Une barrière poussante permet de manipuler plus facilement les différents lots liés à l’expérimentation.




En 2002, une nurserie « Type Trinottières » de 30 places est construite pour loger les génisses individuellement de la naissance au sevrage.





En 2003 et 2004, plusieurs bâtiments ont été rénovés : les maternités, une infirmerie, les post-sevrages.
Par ailleurs, une maternité expérimentale a été construite pour tester des logements de truies allaitantes alternatifs aux systèmes actuels avec contention.



En 2006, un dispositif expérimental est testé afin de traiter les effluents peu chargés. Ce système aujourd’hui validé est constitué d’un filtre à paille, de filtres à roseaux avec recyclage et de bandes végétalisées (eucalyptus, roseaux).


Depuis l’été 2009, une nouvelle unité de fabrique d’aliments a été mise en fonctionnement.
Elle permet de formuler et de fabriquer tous les aliments distribués aux truies, porcelets et porcs charcutiers.
L’objectif est à la fois de servir de supports de formations pour les éleveurs et les techniciens et d’acquérir de nouvelles références sur la formulation, les matières premières utilisables…







Une équipe de 16 salariés


L’exploitation compte 16 équivalents temps plein auxquels il faut ajouter l’intervention des différents partenaires et notamment la Chambre Régionale d’Agriculture des Pays de la Loire, l’Institut de l’Elevage et l’organisme de contrôle de performance : BOVICAP Conseils. L’effectif total est de 16,7 ETP.

Neuf personnes participent aux travaux à la ferme expérimentale laitière : atelier lait, cultures.
Six travaillent sur l’atelier porc et 3 salariés assurent l’entretien et le secrétariat.
Les tâches spécifiques liées à l’expérimentation nécessitent près de 5 ETP pour l’exploitation laitière et 2 ETP pour l’exploitation porcine.

Les vachers et porchers assurent l’astreinte des week-ends (un sur quatre).

Pour le troupeau laitier, les pointes de travaux se situent entre septembre et mars avec des vêlages très groupés (80 % de septembre à novembre) et le démarrage des deux essais sur les vaches laitières.
Pour l’atelier porc, la conduite en 4 bandes (sevrage 28 jours) a pour conséquence une charge de travail plus importante deux semaines sur cinq, pendant la phase sevrage–insémination-mise-bas.




Le cheptel et les terres


La Ferme Expérimentale des Trinottières rassemble la ferme expérimentale laitière, la ferme expérimentale porcine et une antenne du Centre de Formation Agrilia.


La ferme expérimentale est support de formation pour la préparation d’un certificat de spécialisation en production laitière et d’un certificat de spécialisation en production porcine (niveau IV). Ces formations se déroulent en alternance dans le cadre d’un apprentissage. Lors de leur présence sur la station, les apprentis alternent entre cours théoriques et pratiques sur l’élevage.

Documents ci-contre à télécharger


Le troupeau laitier est constitué de 110-120 vaches laitières et d’une centaine de génisses de renouvellement. Une soixantaine de vaches est en permanence en expérimentation. Les autres en réserve sont support de formation ou de démonstration.
Les performances laitières oscillent entre 8 500 et 9 500 kg en fonction des thèmes expérimentaux mis en œuvre.
Le lait est commercialisé avec la Fromagerie Tessier du groupe BONGRAIN.



Pour conserver des vêlages groupés, les génisses sont élevées selon deux conduites différentes :
- 2/3 vêlent vers 24-26 mois avec cependant des croissances modérées en hiver (600 g/j) pour bénéficier d’une croissance compensatrice au printemps au pâturage,
- les autres génisses vêlent à 30 mois et sont conduites de manière plus extensive pour limiter les coûts de production.



Le troupeau porcin est conduit en 4 bandes avec un sevrage à
28 jours. Deux modes d‘élevage sont pratiqués sur la ferme :
- 100 truies naisseur engraisseur sont élevées en bâtiment sur sol ajouré,
- 70 truies avec naissage en plein air et engraissement sur paille.
La ferme produit 3 200 porcs par an qu’elle commercialise avec le groupement TERRENA PIGALYS (44).





Les terres des Trinottières sont très groupées et à proximité des bâtiments. Il s’agit de sols de texture sableuse avec 3-4 % d’argile avec la présence de graviers. La réserve utile en eau est très faible. L’irrigation est indispensable pour la production de maïs. L’eau est prélevée dans la rivière du Loir.
L’assolement 2008-2009 est le suivant :
 30 ha de maïs ensilage
 36 ha de maïs grain
 19 ha de sorgho
 9 ha de mélange céréales-protéagineux immatures
 7 ha de gel
 80 ha de prairies temporaires ou naturelles



43 % des surfaces sont en prairies naturelles ou temporaires. Une partie est engagée dans des mesures agro-environnementales (OGAF basses vallées angevines) dont un des objectifs est la protection du râle des genêts. La station est en zone inondable (60 %) et lors des crues les plus importantes (1995), les bâtiments d’élevage ont été inondés. En année normale, il n’est pas rare que des crues viennent perturber le pâturage de printemps ou les semis de maïs.


Les rendements moyens en maïs sont voisins de 15 - 16 T MS par ha pour l’ensilage et 100 qx par ha pour le grain.
Depuis plusieurs années, nos pratiques ont permis de réduire nos consommations en eau. Nous avons modifié l’assolement en réduisant la surface en maïs et en introduisant du sorgho moins exigeant en eau et des céréales immatures qui se développent avant la sécheresse estivale.



L’utilisation de tensiomètre nous permet également d’ajuster au mieux les quantités d’eau aux besoins des plantes. Ainsi la réduction des apports d’eau par passage d’irrigation et la modification de l’assolement nous a permis de réduire nos consommations de l’ordre de 40 %.




Financement


La Chambre d’Agriculture de Maine-et-Loire est responsable des budgets de fonctionnement et d’investissement de la station.
La majeure partie des recettes provient naturellement des produits vendus par l’exploitation (lait, porcs charcutiers, animaux de réforme, veaux mâles, cultures…).
En parallèle, les frais liés aux expérimentations (personnel supplémentaire, équipements spécifiques…) bénéficient du soutien financier des collectivités territoriales (Conseil Général, Conseil Régional), de l’Institut de l’Elevage, du CASDAR.
L’impôt Chambre d’Agriculture participe à l’équilibre budgétaire.